Pour en savoir plus – Journée d’études sur le vidéomapping

Regard sur le vidéomapping au Québec

Art actuel, espace public et projection


Journée d’études organisée par Radhanatha Gagnon (post-doctorant, UdeM), en collaboration avec Marion Froger (professeure, UdeM), Département d’histoire de l’art, de cinéma et des médias audiovisuels de l’Université de Montréal.

Contexte

Le vidéomapping (ou « projection architecturale » ou « projections illusionnistes », terme privilégié par l’Office québécois de la langue française) a connu un développement notable au Québec au cours des deux dernières décennies, popularisé par des productions spectaculaires comme le Moulin à Images (2008-2013) de Robert Lepage, le projet Cité Mémoire (2016-2024) de Michel Lemieux et Victor Pilon, les projections dans le Quartier des spectacles ou les créations de type Foresta Lumina de Moment Factory (2014).

Bien que le vidéomapping soit reconnu comme une pratique artistique hybride intégrant cinéma, animation et scénographie, il demeure souvent limité à une fonction de mise en valeur du patrimoine, occultant ainsi son potentiel créatif plus large.

De nombreux artistes issu.e.s des arts visuels, de l’art vidéo, du cinéma ou de la scénographie s’approprient cette technologie. Leurs démarches, souvent plus artisanales ou conceptuelles, se distinguent de la logique du grand spectacle. Elles cherchent moins à valoriser, à surprendre ou amuser qu’à interroger l’espace, à révéler l’invisible ou à transposer une pratique d’atelier dans la sphère publique.

Public assistant à la projection Mirage devant le Musée d'art de Joliette
Mirage (2023) – Vidéomapping au Musée d’art de Joliette

Des centres d’artistes comme Ada-X offrent des ateliers et contribuent à rendre les outils de production du vidéomapping plus accessibles. D’autres initiatives, portées par la Société des arts technologiques (SAT), Mutek, MAPP MTL et quelques programmes collégiaux et universitaires multiplient les propositions d’explorations et de formations.

Des institutions muséales telles que le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) avec des commandes d’oeuvres pour La toile numérique (depuis 2021) ou le Musée d’art de Joliette (MAJ) avec les projets Mirage (2023) et Ondulation (2024-2025), invitent des artistes des arts contemporains à s’approprier cette technique pour investir l’espace public.

Nous invitons les collègues des milieux académiques et artistiques à se joindre à nous pour bâtir cette réflexion lors d’une journée d’études qui vise à dresser un « état des lieux » de ces pratiques du vidéomapping au Québec.

Axes de réflexion

Axe 1 – État des lieux du vidéomapping

  • Qui sont les artistes et quelles sont les oeuvres marquantes du vidéomapping au Québec?
  • Quels sont les espaces et territoires du vidéomapping : des grandes métropoles aux régions?
  • Quelles sont les visées des commanditaires du vidéomapping?
  • Quel futur pour le vidéomapping à l’ère de l’IA?

Axe 2 – Pratiques situées, interdisciplinarité et recherche-création

  • Quels sont les liens entre l’expérience proposée par le vidéomapping et l’expérience cinéma, l’art vidéo, les arts numériques en extérieur?
  • Comment faire de la recherche-création avec (et sur) le vidéomapping?
  • Comment documenter, archiver et historiser ces oeuvres éphémères?
  • Comment former et soutenir les artistes qui souhaitent s’approprier le vidéomapping?

Axe 3 – Politiques de l’espace public et engagement social

  • L’approche critique des usages de l’espace public : un enjeu du vidéomapping?
  • Quelles retombées du vidéomapping en matière de citoyenneté et de socialité?

Axe 4 – Mémoire des lieux, patrimoine et rôle de l’institution muséale

  • Comment le vidéomapping contribue-t-il à la mémoire des lieux et à l’écriture de l’histoire?
  • Quels rôles spécifiques le vidéomapping joue-t-il dans les politiques de médiation culturelle des institutions?
  • En quoi consiste le commissariat de projets de vidéomapping?

Contact : gagnon.radhanatha@uqam.ca

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